Michelle Sullivan Communications

L’ethique, les relations publiques et les médias sociaux

En quittant l’événement du 3e mardi | Third Tuesday Montréal cette semaine, j’ai ressenti une certaine satisfaction, sachant que la discussion entre pairs avait été active et les échanges intéressantes. En même temps, je suis partie un peu songeuse, me disant qu’il faudrait qu’on revienne sur ce sujet à un moment donné. J’aurais aimé entendre davantage que les professionnels en relations publiques et en marketing ont compris que nous ne parlons pas seulement de nouveaux outils, mais d’une nouvelle mentalité et d’une nouvelle façon de communiquer imposée par le public. L’époque manipulatrice de Mad Men et de la vieille école de Morrow et compagnie est révolue. Ceux que nous tentons d’interpeller n’acceptent pas la tromperie. Ça les offusque. Et ils nous le font savoir. Ils sont en quête d’authenticité et de transparence. Ce ne sont pas des mots tendance qu’on devrait simplement brandir … on parle ici de valeurs fondamentales.

Ce sont des valeurs reflétées dans le code de déontologie de la SQPRP. J’étais déçue .. et je sais ne pas être seule .. d’apprendre que la SQPRP ne partiperait pas à notre soirée mardi dernier. Pourtant, il me semble qu’il s’agissait d’une belle opportunité de mettre les points sur les ‘i’ et de démontrer du leadership. Mais puisque la SQPRP dit ne pas encore avoir pris position sur cette (Bixi/Mirador) question, ils ont préféré ne pas envoyer de représentant officiel. Dommage. Mais vraiment.

Mirador sera diffusée dès cet automne, selon le site de Radio Canada … ou bien en janvier 2010 si on croit Hugo Dumas de La Presse et d’autres. Je lance donc l’invitation – d’ici là, je trouverai un endroit où pourront se rassembler devant un écran géant les pros en RP et en marketing qui étaient au Daylight Factory mardi soir, ou qui auraient voulu y être. Des absents comme Jacques Nantel, par exemple, et Bernard Motulsky. Nantel, qui a été cité dans l’article de Patrick Lagacé sur l’affaire Bixi et Motulsky, qui, par ses écrits, aurait inspiré ceux qui ont crée Mirador.

J’inviterai également Michel Fréchette, de Girard & Fréchette, qui agit en tant que consultant pour l’émission. J’ai d’ailleurs hâte de faire la connaissance de M. Fréchette car, je dois l’avouer, je ne le connais malheureusement pas. Qui dit que le monde des RP est petit? Si je peux me fier à Google, l’agence Fréchette & Girard n’a pas de site web … et ne serait donc ni à l’ère 1.0, ni, j’imagine, à l’ère 2.0. Pas de carte de visite sur Internet. Il me fera donc encore plus plaisir de rencontrer M. Fréchette en chair et en os. Il serait peut-être venu au dernier 3e mardi .. je n’ai pas eu la chance de l’inviter à se joindre à nous, ayant pris connaissance de sa participation à l’émission seulement dimanche soir et me disant que ça ne se faisait tout simplement pas de donner si peu d’avis. L’invitation est certainement lancée pour la suite des choses, surtout si M. Fréchette n’a pas (qui sait?) souvent l’occasion de fréquenter des professionnels de la nouvelle vague comme ceux qui viennent aux soirées du 3e mardi. Je dois dire que je suis rassurée d’apprendre qu’un Québécois sera consultant pour l’émission … j’ai cru penser à un moment donné que seul un Américain était de la partie. Vous savez comme moi que nous ne voyons pas toujours les choses du même oeil que nos voisins.

Si vous le voulez bien, on regardera la première en gang devant un écran géant. Un peu à la manière d’une finale de la Coupe Stanley. Sauf que j’ai comme l’impression que ça ne fêtera pas fort.

J’inviterai aussi de nouveau Daniel Thibault et Isabelle Pelletier, co-auteurs de Mirador, pour qu’ils entendent nos réactions de vive voix. Après tout, c’est notre industrie qu’ils mettent en scène. Notre industrie et sa réputation.

Et ça commence mal. Voici comment certains journalistes et choniqueurs qui étaient sur le plateau de tournage de l’émission Mirador hier décrivent le téléroman:

Hugo Dumas, La Presse:

Docteur spin, leçons de manipulation

Hop! Nous voici au 36e étage de la prestigieuse tour IBM, toute en acier et en verre, qui s’élève au centre-ville de Montréal, boulevard René-Lévesque Ouest. C’est ici que la boîte de communications Mirador – l’équivalent fictif d’une firme comme National – étouffe des crises politiques, noie des scandales sexuels et tripote la vérité.

(…)

Manipulateurs d’images

Selon les relationnistes rattachées à l’émission, Mirador sera percutante, divertissante et palpitante. Attendez un peu. Suis-je en train de me faire manipuler? Y aurait-il des gens dans le milieu de la télé qui ne disent pas toujours la vérité et rien que la vérité? Non. Je refuse d’y croire. Impossible (pour ceux qui doutent encore, oui, c’est du sarcasme).

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro:

(…) cette mise en scène n’était pas très loin de la réalité des vrais conseillers en relations publiques, qui représentent les gran­des compagnies et les personnalités de ce monde en manipulant parfois l’information transmise aux mé­dias et au public.

Anne-Marie Cloutier, Le Soleil:

Le projet de Mirador a pris naissance il y a six ans. En écoutant les nouvelles, les auteurs étaient de plus en plus fascinés par «l’omniprésence des forces occultes» derrière tout discours ou déclaration publique.

Caroline Roy, Rue Frontenac:

Mirador dépeint le côté sombre des relations publiques

«L’actualité nous inspire, mais ça demeure de la fiction», expliquent les auteurs de Mirador, Daniel Thibault et Isabelle Pelletier.

C’est néanmoins le réel cabinet de relations publiques National qui a donné l’idée de cette série à Daniel Thibault. «Le nom de National revenait à l’occasion de quelques scandales. Il semblait y avoir une force occulte autour de ces gens-là qui géraient la crise. J’ai commencé à fouiller le sujet», dit-il.

(…)

Patrick Labbé décrit son personnage tel un homme tourmenté par l’aspect plus ou moins éthique de son boulot, contrairement à son frère et à son père.

Pour conclure, une citation des co-auteurs, puisée dans l’article d’Hugo Dumas:

«On se fait manipuler de toutes les façons possibles. Il y a toutes sortes d’histoires d’horreur», constate Daniel Thibault. «Et Mirador, c’est un beau véhicule pour raconter ces histoires-là», ajoute Isabelle Pelletier.

Oui, oui, je comprends. C’est un téléroman. Ce n’est pas un reportage. Après tout, selon Hugo Dumas, Daniel Thibault aurait puisé son inspiration de l’émission américaine The Practice. Mais entre vous et moi, quel meilleur outil qu’un téléroman pour façonner l’image de tout une industrie aux yeux du public?  On verra bien si mes tantes me regarderont de travers le lendemain de la première.

D’ici là, une citation vers la fin de l’article de Rue Frontenac et attribuée à Patrick Labbé nous offre une lueur d’espoir:

Lors du premier épisode, Philippe revient d’un congé de travail de six mois. Il constate que sa job n’a pas de bon sens et que les relations publiques peuvent se faire autrement. Mais il n’a pas conscience de ce qu’implique de dire la vérité.

Mirador sera diffusé le mardi soir, selon la grille préliminaire de Radio-Canada. Un 3e mardi, peut-être?

Ce soir: 3e mardi Montréal examine Bixi, Mirador, l’ethique et les meilleures pratiques

Nous sommes le 3e mardi du mois de juin. N’oubliez pas que ce soir, dès 18h au Daylight Factory, nous nous réunissons entre professionnels des RP et du marketing pour discuter d’ethique et des meilleures pratiques en médias sociaux.

Le sujet, qui a été inspiré par le cas Bixi et le dévoilement de l’émission Mirador de Radio Canada, est certainement d’actualité. Dans le fond, il s’agit d’un sujet qui devrait être au centre de nos préoccupations, peu importe l’actualité. Un beau prétexte, alors, pour se réunir et en discuter ouvertement.

Nos panélistes confirmés: Pierre Bouchard (Indico Communication), Nicolas Cossette (NVI) et Elizabeth Hirst (Hirst Communications/McGill).

Comme toujours, votre participation active est essentielle. Venez donc prendre un verre avec nous et partager vos opinions lors d’une discussion constructive entre pairs.

Blogue à suivre: Pont Mercier Bridge (point) ca

J’aime bien penser que j’ai eu un tout petit (petit) rôle à jouer dans la création du nouveau blogue de La Société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI). Non parce que j’y ai mis la main à la pâte … pas du tout. Mais parce que le mandat a été confié à AGC Communications, où j’ai oeuvré pendant un peu plus d’un an il y a quatre ans déjà, et où j’ai pendant très longtemps écoeuré mes collègues et mon gentil patron, Ahmed Galipeau, avec mes histoires de blogues et de Web 2.0.

C’est avec grande satisfaction que je constate que mon dada semble avoir été adopté avec brio par mes anciens collègues. Une très belle initiative sera lancée demain et je tiens à être parmi les premiers à féliciter toute l’équipe.

Je vous invite à suivre l’évolution de cette initiative,  particulierement si vous habitez la Rive Sud et que vous devez prendre ce fameux pont à tous les jours, mais également si vous vous intéressez aux médias sociaux. Inauguré en 1934, ce pont se refait en beauté et le blogue et le compte Twitter de la PJCCI se veulent des outils de communication qui vous tiendront au courant de tout ce qu’il vous faut pour mieux vivre les plus importants travaux de réfection jamais entrepris au Canada.

Le RSS y est … l’infolettre aussi, ce qui est excellent car le Web 2.0 ne répond pas aux besoins de tout le monde et les outils plus traditionnels ont toujours leur place.

Photos, vidéo, caméra en direct. Un véritable smörgasbord visuel. Génial.

Des pages statiques : projet en bref, historique du pont, mitigation, à propos de nous, liens utiles, en plus d’une politique éditoriale qui confirme de façon transparente l’identité du signataire des billets : « (…) André Girard vice-président, Communications de la Société des ponts fédéraux (…) appuyé quotidiennement par le cabinet-conseil AGC Communications. » Ça me semble parfaitement clair.

J’accorde des points supplémentaires pour la sympathique photo du dit M. Girard, qui le rend .. et qui rend le blogue .. automatiquement plus humain.

Le tout dans les deux langues. Oof! Ça demande de la planification ou un bon traducteur en mesure de se virer sur un dix cennes. Mais nécessaire quand on s’adresse également aux touristes, pour ne pas parler des communautés anglophones et autochtones.

Bien exécuté, une stratégie qui comprend des outils de Web 2.0 risque de s’avérer une grand atout pour la Société qui doit gérer un projet d’envergure hautement visible.

En tout cas, avec un blogue bien garni et un compte Twitter déjà actif, ça augure très bien. Bravo!

Dites-donc les amis … ce compte Facebook vous appartient aussi? En tout cas, vous avez 1869 « amis » potentiels à convertir en ambassadeurs.  Le groupe L’asti de Pont Mercier tout decalisser a marde est bien actif – 193 messages au mur. Mais c’est du bonbon, ça!

Quel beau mandat de RP. Je vais suivre avec grand intérêt.