Michelle Sullivan Communications

Formations et conférences 2.0

Quelques activités d’intérêt s’annoncent pour les prochaines semaines:

11 février – SQPRP: Twitter, Facebook, LinkedIn, les  blogues et quoi d’autre encore avec Martin Lessard, un spécialiste du ‘crowdsourcing’

20/21 février – PodCamp Toronto

mi-mars – SXSW – un festival multidisciplinaire qui traite les tendances web

Roadcamp – pour tout montréalais ayant l’intention d’assister à SXSW, une opportunité formidable d’échanger avec des spécialistes du domaine

Profitez-en!

RIP Claude Lévi-Strauss – pourquoi les pros en RP devraient être en deuil

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Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses; c’est celui qui pose les vraies questions.

La nuit de samedi à dimanche a vu la disparition d’un des grands savants du dernier siècle, l’anthropologue Claude Lévi-Strauss. Au-delà de vouloir signaler le décès de cet important intellectuel, j’en parle dans ce blogue parce que je suis de l’avis qu’une bonne connaissance des sciences sociales est d’une aide inestimable pour tout professionnel en relations publiques. Et  je ne le dis pas seulement parce que j’ai fait des études supérieures en histoire.

Je ne peux pas vous dire combien de fois ma formation m’a aidé depuis que j’exerce ce métier. À la base, mes études m’ont permis de développer une discipline et une persévérance qui me servent en recherche et en rédaction. Plus loin encore, les sciences sociales ont développé mon esprit critique et m’ont permis de mieux comprendre l’impact d’une initiative, d’un message, d’une campagne sur les publics que je cible. Grâce à ma formation, qui m’a permis de connaître les théories de grands penseurs comme Lévi-Strauss, je suis convaincue de mieux comprendre les motivations, les impératifs et les besoins des individus et des groupes.

Je connais beaucoup de professionnels en relations publiques — des personnes que je respecte énormément — qui ont plutôt été formé en littérature. Bien que je ne doute pas qu’ils écrivent avec une jolie plume, je me demande si cette formation est aussi utile que la mienne a pu l’être. Je suis peut-être injuste, ici, bien que j’ai également fait des études en littérature (mon baccalauréat était en littérature française et en histoire). Si c’est le cas, je vous invite fortement à défendre votre discipline dans la section des commentaires.

On peut passer par grand nombre de chemins pour exercer ce métier. Chacun doit certainement apporter ses avantages. Mais si vous êtes étudiant, je vous conseillerais de songer à faire votre bac en sciences sociales. Si vous n’avez pas eu cette chance, je vous inviterais à lire les textes de gens comme Lévi-Strauss, tout comme je vous encouragerais de voyager. De pouvoir se plonger dans d’autres mondes et de comprendre qu’il existe d’autres mentalités et d’autres façons de concevoir la réalité est non seulement fascinant, mais vous sera d’une grande utilité lorsque vous serez à l’étape stratégique de vos campagnes.

Lorsque j’étais à la maîtrise, un prof (Linteau, je crois .. ou Bernard peut-être) a eu la brillante idée de faire venir une experte en ressources humaines (je crois) qui nous avait dit que peu importe le métier qui nous était destiné, nos études en histoire nous seraient toujours d’une grande utilité. Les employeurs nous apprécieraient pour notre discipline et pour notre esprit ouvert mais critique. Je sentais à l’époque qu’elle avait raison. Maintenant, j’en ai la certitude.

Je ne suis d’ailleurs pas la seule à croire que les communicateurs auraient intérêt à étudier les sciences sociales. L’Université du Québec en Outaouais offre le cours suivant: COM1033 – Théorie et épistémologie de la communication. Les autres universités offrent aussi quelque chose de semblable, peut-être?

Dans l’esprit de la citation tirée de Le Cru et le Cuit (1964) qui a servi d’introduction à ce billet, je vous laisse avec cette question: Est-ce qu’une bonne connaissance de l’anthropologie, de la psychologie et/ou de l’histoire sera aussi importante pour les professionnels en relations publiques dans dix ans qu’elle peut l’être maintenant?

Pour un début de réponse, je vous invite à parcourir ce texte de Dominique Dufour, qui s’est entretenu avec Sylvain Grand’Maison au sujet d’un métier emergent qui pourrait très bien être assumé par un professionnel en relations publiques: celui de ‘l’animateur de communauté’ ou, en anglais, de ‘community gardener’.

RIP Lévi-Strauss, 1908-2009

Agrément en relations publiques

J’ai un respect énorme pour grand nombre de mes pairs, mais j’éprouve une admiration sans bornes pour Guy Versailles, et ce pour plusieurs raisons, y compris son grand dévouement envers notre profession et son insistance sur l’application des meilleurs pratiques. 

Je réponds donc avec plaisir à son appel à tous en publiant son texte dans ce blogue afin de faire promotion du programme d’agrément en relations publiques de la SQPRP. Le jour où je me déciderai de redevenir membre de cette association je déposerai certainement ma candidature tellement je  suis convaincue de l’importance de l’initiative.

Sans plus tarder, alors, je vous présente le message de Guy Versailles:

L’agrément a davantage à voir avec qui nous sommes comme professionnels que comment nous faisons notre métier. On se demande souvent si les relations publiques sont un métier ou une profession. Elles peuvent être l’un ou l’autre, selon ce que l’on choisit, et les deux choix sont parfaitement honorables.

Mais le choix d’envisager les relations publiques comme une profession entraîne des exigences accrues. Il ne suffit plus de bien faire le travail qu’on nous demande de faire.

* Premièrement, il faut arrêter de penser «communication» et commencer à penser «relations publiques». Ce n’est pas la même chose.
* Deuxièmement, il faut franchir définitivement l’espace mental qui sépare la réalisation de produits ou de projets de celui qui caractérise la planification et la stratégie.
* Troisièmement, comme pour tous les professionnels, il nous faut prendre conscience de notre éthique professionnelle. Celle-ci repose sur une conception très claire de l’utilité des relations publiques dans la société et de nos responsabilités personnelles face à l’intérêt public et à notre profession, aussi bien que face à nos clients et à nous-mêmes.

Les personnes qui ont réussi l’agrément peuvent en témoigner : ces trois aspects font toute la différence dans la manière non seulement de pratiquer les relations publiques, mais de nous définir nous-mêmes. L’agrément nous change de l’intérieur, nous fait progresser, nous situe dans le monde, clarifie notre rôle dans la société et par le fait même renforce notre confiance et notre efficacité. 

L’agrément nos concerne tous, même les jeunes, même les étudiants. Parce que c’est une étape importante d’un cheminement de carrière. Parce que plus le nombre de membres agréés augmente, plus les professionnels en relations publiques seront forts collectivement. Et plus leurs employeurs et leurs clients les prendront au sérieux.

Si vous avez un minimum de 5 années d’expérience de travail en relations publiques, peu importe que ce soit en agence, en entreprise, au gouvernement ou dans tout autre organisme, vous êtes admissibles à l’agrément.

Si vous êtes intéressés à vivre une expérience de groupe très enrichissante.

Si vous voulez vous mériter une certification reconnue internationalement comme un standard d’excellence en relations publiques, qui vous permettra de communiquer avec un langage commun avec vos vis-à-vis de tous les
continents,

Et si vous avez tout simplement envie de devenirs meilleurs dans ce que vous faites,

Vous avez jusqu’au premier décembre pour compléter votre demande d’inscription à l’agrément. Ça se fait une fois par année et c’est maintenant. Le processus d’inscription n’est pas compliqué mais il demande un peu de temps, alors n’attendez pas. Renseignez-vous via le site web de la Société canadienne des relations publiques ou écrivez-moi :

versailles@versaillescom.com

Date limite : premier décembre. N’attendez pas.

 Dans un deuxième petit message, Guy apporte quelques précisions:

Il est important pour la Société québécoise des professionnels en relations publiques de former le plus grand nombre possible de nos membres aux aspects professionnels des relations publiques. Je demande l’aide de tout le monde pour repérer les candidats et candidates prêts pour cette étape et pour les encourager à s’y inscrire. Comme vous le savez, nous soutenons les candidats à travers un processus de soutien que je coordonne. Les candidats et candidates ont aussi besoin de mentors pour les soutenir. Il suffit parfois de bien peu de chose, un téléphone, une rencontre.

Mirador : entrevue avec Louis Choquette

Je l’avais manquée, celle là. Vous aussi peut-être, donc ça vaut, selon moi, la peine d’en parler. Mieux vaut tard que jamais.

Entrevue René Homier-Roy avec le réalisateur de Mirador, Louis Choquette, diffusée sur les ondes de Radio Canada le 14 mai dernier.

Quelques extraits:

Une allégorie ludique du monde des relations publiques, qui prend vraiment une importance fondamentale dans notre société. (LC)

Cet univers là, des relations publiques, de la manipulation de l’opinion publique en général, je pense que c’est assez important d’en parler. (LC)
Oui. (R H-R)

Ces gens là exercent un métier, j’sais pas, périleux .. pis en termes d’ethique aussi très très dangereux. Vous vous situez où, vous, vis-à-vis ça. Est-ce que vous êtes d’accord? Est-ce que vous auriez-vous fait ça dans la vie comme job, être dans les relations publiques? (R H-R)
Ben … euh .. oof .. difficilement, je crois. (LC)

Si on n’a pas une espèce de système de valeurs, si il n’y a pas une question ethique derrière tout ça, on est en droit de se poser de grandes questions. (LC)
Ben c’est sur! C’est parfois des cover-ups c’est choses là. C’est très souvent… (R H-R)
C’est très souvent. Ça peut aller jusque là. (LC)

On ne pointe personne du doigt, évidemment, ni une compagnie ni un individu (LC)
Est-ce qu’il y a des gens qui vont se reconnaître quand même? (R H-R)
Peut-être … (LC)
(rires)

La SQPRP lance officiellement son nouveau site web. Je cherche toujours le code de déontologie de l’association qui existe, je vous en assure. Il me semble qu’on pourrait le mettre en évidence, à la page d’accueil. Question de s’aider. Quand même.

Je cherche une salle avec écran géant pour la première de Mirador. J’espère que vous accepterez de vous joindre à moi, afin qu’on puisse regarder ça ensemble et en discuter sur-le-champ. À suivre.

MAJ: J’ai enfin trouvé le code de déontologie de la SQPRP sur leur site. Dans la section ‘Devenir membre’. Je me trompe peut-être, mais il me semble qu’on devrait également parler à un public externe.

MAJ: Retrouvez facilement les billets traitant la question de Mirador dans ce blogue : http://michellesullivan.ca/?s=mirador

L’ethique, les relations publiques et les médias sociaux

En quittant l’événement du 3e mardi | Third Tuesday Montréal cette semaine, j’ai ressenti une certaine satisfaction, sachant que la discussion entre pairs avait été active et les échanges intéressantes. En même temps, je suis partie un peu songeuse, me disant qu’il faudrait qu’on revienne sur ce sujet à un moment donné. J’aurais aimé entendre davantage que les professionnels en relations publiques et en marketing ont compris que nous ne parlons pas seulement de nouveaux outils, mais d’une nouvelle mentalité et d’une nouvelle façon de communiquer imposée par le public. L’époque manipulatrice de Mad Men et de la vieille école de Morrow et compagnie est révolue. Ceux que nous tentons d’interpeller n’acceptent pas la tromperie. Ça les offusque. Et ils nous le font savoir. Ils sont en quête d’authenticité et de transparence. Ce ne sont pas des mots tendance qu’on devrait simplement brandir … on parle ici de valeurs fondamentales.

Ce sont des valeurs reflétées dans le code de déontologie de la SQPRP. J’étais déçue .. et je sais ne pas être seule .. d’apprendre que la SQPRP ne partiperait pas à notre soirée mardi dernier. Pourtant, il me semble qu’il s’agissait d’une belle opportunité de mettre les points sur les ‘i’ et de démontrer du leadership. Mais puisque la SQPRP dit ne pas encore avoir pris position sur cette (Bixi/Mirador) question, ils ont préféré ne pas envoyer de représentant officiel. Dommage. Mais vraiment.

Mirador sera diffusée dès cet automne, selon le site de Radio Canada … ou bien en janvier 2010 si on croit Hugo Dumas de La Presse et d’autres. Je lance donc l’invitation – d’ici là, je trouverai un endroit où pourront se rassembler devant un écran géant les pros en RP et en marketing qui étaient au Daylight Factory mardi soir, ou qui auraient voulu y être. Des absents comme Jacques Nantel, par exemple, et Bernard Motulsky. Nantel, qui a été cité dans l’article de Patrick Lagacé sur l’affaire Bixi et Motulsky, qui, par ses écrits, aurait inspiré ceux qui ont crée Mirador.

J’inviterai également Michel Fréchette, de Girard & Fréchette, qui agit en tant que consultant pour l’émission. J’ai d’ailleurs hâte de faire la connaissance de M. Fréchette car, je dois l’avouer, je ne le connais malheureusement pas. Qui dit que le monde des RP est petit? Si je peux me fier à Google, l’agence Fréchette & Girard n’a pas de site web … et ne serait donc ni à l’ère 1.0, ni, j’imagine, à l’ère 2.0. Pas de carte de visite sur Internet. Il me fera donc encore plus plaisir de rencontrer M. Fréchette en chair et en os. Il serait peut-être venu au dernier 3e mardi .. je n’ai pas eu la chance de l’inviter à se joindre à nous, ayant pris connaissance de sa participation à l’émission seulement dimanche soir et me disant que ça ne se faisait tout simplement pas de donner si peu d’avis. L’invitation est certainement lancée pour la suite des choses, surtout si M. Fréchette n’a pas (qui sait?) souvent l’occasion de fréquenter des professionnels de la nouvelle vague comme ceux qui viennent aux soirées du 3e mardi. Je dois dire que je suis rassurée d’apprendre qu’un Québécois sera consultant pour l’émission … j’ai cru penser à un moment donné que seul un Américain était de la partie. Vous savez comme moi que nous ne voyons pas toujours les choses du même oeil que nos voisins.

Si vous le voulez bien, on regardera la première en gang devant un écran géant. Un peu à la manière d’une finale de la Coupe Stanley. Sauf que j’ai comme l’impression que ça ne fêtera pas fort.

J’inviterai aussi de nouveau Daniel Thibault et Isabelle Pelletier, co-auteurs de Mirador, pour qu’ils entendent nos réactions de vive voix. Après tout, c’est notre industrie qu’ils mettent en scène. Notre industrie et sa réputation.

Et ça commence mal. Voici comment certains journalistes et choniqueurs qui étaient sur le plateau de tournage de l’émission Mirador hier décrivent le téléroman:

Hugo Dumas, La Presse:

Docteur spin, leçons de manipulation

Hop! Nous voici au 36e étage de la prestigieuse tour IBM, toute en acier et en verre, qui s’élève au centre-ville de Montréal, boulevard René-Lévesque Ouest. C’est ici que la boîte de communications Mirador – l’équivalent fictif d’une firme comme National – étouffe des crises politiques, noie des scandales sexuels et tripote la vérité.

(…)

Manipulateurs d’images

Selon les relationnistes rattachées à l’émission, Mirador sera percutante, divertissante et palpitante. Attendez un peu. Suis-je en train de me faire manipuler? Y aurait-il des gens dans le milieu de la télé qui ne disent pas toujours la vérité et rien que la vérité? Non. Je refuse d’y croire. Impossible (pour ceux qui doutent encore, oui, c’est du sarcasme).

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro:

(…) cette mise en scène n’était pas très loin de la réalité des vrais conseillers en relations publiques, qui représentent les gran­des compagnies et les personnalités de ce monde en manipulant parfois l’information transmise aux mé­dias et au public.

Anne-Marie Cloutier, Le Soleil:

Le projet de Mirador a pris naissance il y a six ans. En écoutant les nouvelles, les auteurs étaient de plus en plus fascinés par «l’omniprésence des forces occultes» derrière tout discours ou déclaration publique.

Caroline Roy, Rue Frontenac:

Mirador dépeint le côté sombre des relations publiques

«L’actualité nous inspire, mais ça demeure de la fiction», expliquent les auteurs de Mirador, Daniel Thibault et Isabelle Pelletier.

C’est néanmoins le réel cabinet de relations publiques National qui a donné l’idée de cette série à Daniel Thibault. «Le nom de National revenait à l’occasion de quelques scandales. Il semblait y avoir une force occulte autour de ces gens-là qui géraient la crise. J’ai commencé à fouiller le sujet», dit-il.

(…)

Patrick Labbé décrit son personnage tel un homme tourmenté par l’aspect plus ou moins éthique de son boulot, contrairement à son frère et à son père.

Pour conclure, une citation des co-auteurs, puisée dans l’article d’Hugo Dumas:

«On se fait manipuler de toutes les façons possibles. Il y a toutes sortes d’histoires d’horreur», constate Daniel Thibault. «Et Mirador, c’est un beau véhicule pour raconter ces histoires-là», ajoute Isabelle Pelletier.

Oui, oui, je comprends. C’est un téléroman. Ce n’est pas un reportage. Après tout, selon Hugo Dumas, Daniel Thibault aurait puisé son inspiration de l’émission américaine The Practice. Mais entre vous et moi, quel meilleur outil qu’un téléroman pour façonner l’image de tout une industrie aux yeux du public?  On verra bien si mes tantes me regarderont de travers le lendemain de la première.

D’ici là, une citation vers la fin de l’article de Rue Frontenac et attribuée à Patrick Labbé nous offre une lueur d’espoir:

Lors du premier épisode, Philippe revient d’un congé de travail de six mois. Il constate que sa job n’a pas de bon sens et que les relations publiques peuvent se faire autrement. Mais il n’a pas conscience de ce qu’implique de dire la vérité.

Mirador sera diffusé le mardi soir, selon la grille préliminaire de Radio-Canada. Un 3e mardi, peut-être?