Michelle Sullivan Communications

Quand est-ce qu’un journaliste devient un blogueur?

Qui dit que les journalistes ne pourront bientôt plus gagner leur pain? Voilà que deux journalistes canadiennes acceptent de traverser la Canada sur le bras de la Commission canadienne du tourisme (CCT) et d’Air Canada pour nous inciter à visiter notre propre pays cette anneé. Elles publieront des billets de blogue et sont présentes sur Facebook, Twitter, Flickr et YouTube, où le profil d’une des blogueuses se dresse comme suit:

La journaliste et blogueuse francophone Carolyne Weldon présente le projet des Carnets transcanadiens en direct de Montréal.

Une initiative louable, mais quel en est l’impact pour la profession?

Certains diraient qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre: qu’un journaliste n’est plus journaliste dès qu’il accepte un mandat de ce genre.  D’autres diront peut-être que la réalité est telle que les journalistes n’ont plus le choix que de faire preuve de flexibilité pour gagner leur vie. Et que, par le fait même, nous devrons adapter notre façon de percevoir la profession.

Selon la FPJQ:

le terme « journaliste » réfère à toute personne qui exerce une fonction de journaliste pour le compte d’une entreprise de presse.

Les journalistes doivent s’abstenir d’effectuer, en dehors du journalisme, des tâches reliées aux communications: relations publiques, publicité, promotion, cours donnés à ceux qui font l’événement sur la façon de se comporter devant les médias, simulacres de conférences de presse pour préparer des porte-parole à faire face aux journalistes, etc. Ces tâches servent des intérêts particuliers et visent à transmettre un message partisan au public. Les journalistes ne peuvent pas communiquer un jour des informations partisanes et le lendemain des informations impartiales, sans susciter la confusion dans le public et jeter un doute constant sur leur crédibilité et leur intégrité.

C’est effectivement délicat, leur affaire. Je serais intéressée à savoir comment ces deux journalistes comptent jongler leurs dédoublement identitaire.

Mme Revay se décrit ainsi:

My background is in broadcast journalism (BCTV on Global, The View and Good Morning America) and public relations, so I’m into communicating. I have degree in International Relations from UBC and a Diploma in Broadcasting from BCIT.

source: http://www.nowpublic.com/victoria_revay

Pour sa part, Mme Weldon se décrit ainsi sur son site Internet:

Ms. Weldon holds a post-graduate journalism degree from Concordia University, and has published articles and photographs in Bizim Anadolu, Montreal’s Turkish community monthly, Community Contact, Montreal’s Black and Carribean bi-monthly, and the Atlanta-based Barber’s Only Magazine.

On dit que Michaëlle Jean ne pourra jamais réintégrer son rôle de journaliste, depuis qu’elle a accepté le rôle de Gouverneure Générale.  Et la blogueuse Michelle Blanc ne se voit toujours pas décerner le titre de journaliste, malgré ses efforts en ce sens. * Quel sera donc le statut de ceux qui font l’inverse? De journalistes qui acceptent d’être rémunérés pour bloguer?

Comme quoi nous entrons de plus en plus dans une zone grise.

Qu’en pensez vous?

* MAJ: Méa culpa – Michelle Blanc confirme qu’elle n’a jamais demandé une telle reconnaissance. Comme ils disent, nous regrettons l’erreur.

MAJ 2: Trouvaille intéressante: Media Bloggers Association :  a nonpartisan non-profit organization dedicated to promoting, protecting and educating its members; supporting the development of « blogging » or « citizen journalism » as a distinct form of media; and helping to extend the power of the press, with all the rights and responsibilities that entails, to every citizen.