Michelle Sullivan Communications

Nouvelle série à Radio Canada: la SQPRP réagira-t-elle?

C’est grâce à Eve Binette (via Twitter) que j’ai pris connaissance de cet article sur Canoë, annonçant une nouvelle télésérie de Radio Canada. La distribution? Patrick Labbé, David La Haye, Pascale Bussières, Gilles Renaud, Catherine Trudeau, Sébastien Delorme et Marie-Ève Milot. Wow. Très intéressant, surtout que j’adore La Haye. Le reste? Moins intéressant, à première vue.

Mirador présentera le monde des relations publiques au grand public québécois. Ai-je espoir que l’image véhiculée soit positive? Pas vraiment, et surtout pas après avoir lu la citation suivante provenant du communiqué de presse:

Les intrigues de la série ont pour cadre le cabinet Mirador, «où travaille un bataillon de professionnels en relations publiques qui ont tout intérêt à ce que la seule vérité connue et diffusée soit celle de leurs clients, écrit Radio-Canada dans un communiqué. Ils doivent s’assurer, jour après jour, de contrôler le message.»

(…) quand un scandale éclate, qu’on ne contrôle plus le « spin » et que la tempête médiatique fait rage, on fait appel à une équipe bien particulière (…)

Chaque épisode met en scène un scandale. Philippe et son équipe reçoivent le difficile mandat de redorer l’image ternie du client, de lui faire gagner, contre vents et marées, le procès de l’opinion publique en utilisant tout l’arsenal dont disposent les firmes de relations publiques modernes. Pendant ce temps, Philippe est à un point tournant de sa vie : il cherche désespérément à donner un sens à ce qu’il fait.

Spin. Contrôle de message. Scandale. Vérité subjective. Et normal, après tout, qu’un professionnel en relations publiques cherche à trouver du sens à ce qu’il fait. Le pauvre. Je me demande comment il fait pour bien dormir la nuit. (Oui, c’est un brin de sarcasme que vous détectez ici). Le communiqué de presse semble laisser aucun doute quant au ton que Radio Canada entend donner à cette série.

Semblerait-il que les équipes de production d’émissions portant sur le milieu hospitalier ou policier embauchent des experts afin de bien les conseiller et d’assurer, dans la mesure du possible et de ce qui est souhaitable pour l’intrigue, que la production se colle à la réalité. Est-ce qu’un professionnel en relations publiques sera approché pour guider Radio Canada? Permettez moi d’en douter.

Je me demande si la SQPRP est au courant du projet et s’ils ont l’intention de dénoncer les fausses représentations exagérées. Je ne me souviens pas d’intervention de leur part lors du Scandal des commandites. Je me trompe? Je l’espère, donc corrigez moi si j’ai tort.

Je vous rappelle que les membres de la SQPRP sont tenus à suivre un code de déontologie. Code auquel j’adhère.

Sommes-nous des cordonniers mal chaussés? Quand d’autres doutent de l’intégrité de notre industrie, sommes nous prêts à défendre sa réputation?

Le tournage s’amorce ce printemps. Radio-Canada prévoit diffuser les dix épisodes d’une heure chacun en 2010. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas eu le temps de préparer notre propre défense.

Je suivrai le dossier avec intérêt.

Commentaires

  1. Zelaurent

    2009.05.14 @ 11:06

    Je me demande si les professionnels en relation publique de Radio Canada ont voulu faire de la manipulation en envoyant leur communiqué de presse pour annoncer la nouvelle série. Peut-être est-ce un stratagème pour détourner l’attention du public des emplois supprimés à Radio Canada 😉

    Sérieusement, que ce soit sur les barmen, les secrétaires ou les relationnistes, il faut reconnaître que seule la caricature fait vendre dans le monde des médias et du divertissement. En même temps, ce ne sont pas des affaires que celle du Bixi qui vont nous aider à rendre plus sérieux notre métier.

  2. Aurélie Alaume

    2009.05.14 @ 11:56

    Michelle, tu as raison de souligner, tout comme dans tes précédents billets, que la SQPRP aurait sûrement un rôle à jouer dans l’actualité brûlante des RP, voire des communications en général de ces derniers temps.

    Le leadership c’est aussi, il me semble, savoir se faire inviter aux bonnes tables (et pas que du point de vue gastronomique !). Le leadership, c’est être l’interlocuteur privilégié, incontournable, vers qui se tourner dans la tempête.
    Ne serait-ce que pour les membres (et donc les futur membres de la société), être visible et donner son avis est primordial pour obtenir/ consolider la crédibilité, devenir une référence en la matière.

    Faudrait-il qu’une personne de la SQPRP veille et intervienne dans l’actualité pour repositionner les valeurs et rappeler ce qu’est être un professionnel intègre des communications: OUI, je le crois.

    Pourrions-nous imaginer une sorte de bannière que nous mettrions bien en vue sur nos sites corpo et nos blogues pour signifier que nous sommes des professionnels intègres qui respectent un code de déontologie ? Oui, pourquoi pas.
    Bref, je rêve en couleur, non?!

  3. PierreBG

    2009.05.14 @ 12:14

    Merci de l’info et du billet.

    En même temps, l’épisode Bixi-gate (et donc une portion de l’industrie) alimente cet esprit et doit encourager, dans une certaine mesure ce type de scénarios, j’imagine.

    J’ai la chance de travailler en culture où ce rôle est pas si mal vu, heureusement. Mais dès lors que l’on parle des relations publiques en général, j’ai l’impression que cette vision est généralisée. C’est malheureux et tellement contraire à ce ça DEVRAIT être. (Barnays OUT, Solin IN).

  4. PierreBG

    2009.05.14 @ 12:17

    oups, je voulais évidemment dire Solis et non Solin…

    De plus, je suis d’accord avec Aurélie (et Michelle aussi) à savoir que la SQPRP devrit être plus présente point. La CPRS est présente sur Twitter par exemple avec plusieurs canaux (Toronto, CPRS on the Edge, Vancouver, etc), mais pas la nôtre… Dommage.

  5. Daniel Thibault

    2009.05.14 @ 16:55

    Bonjour,

    Je suis un des coauteurs de Mirador. Je voulais simplement préciser que nous faisons effectivement affaire avec un consultant pour la série depuis trois ans déjà. Vous serez heureux de savoir qu’on s’est tapé Fraser Seitel, Motulsky et consort. Vous serez peut-être un peu moins heureux d’apprendre que nous sommes abonnés au newsletter du Center Of Media and Democracy 😉 Bref, nous nous renseignons : la preuve, nous avons pris connaissance de cette intervention.

    Maintenant, est-ce que la série va refléter exactement ce qui se passe dans le milieu des relations publiques? La réponse est: pas tout à fait. Comme les émissions policières ou celles qui se passent dans le milieu légal, il a fallu rendre tout ça intéressant d’un point de vue dramatique. Oui, il y a des raccourcis, oui nous amplifions certaines réalités, oui, parfois, nous caricaturons. L’important en dramaturgie, ce n’est pas la vérité, c’est la vraisemblance. Maintenant, avons-nous écrit n’importe quoi? Non! Tout ce qui arrive dans la série est plausible.

    Un des éléments fondamental de l’écriture dramatique, c’est l’opposition entre les personnages. Nous avons donc mis en scènes certains personnages qui… hum… respectent de façon minimale le code de déontologie, et d’autres qui s’y tiennent rigoureusement. Nous croyons que cela reflète la réalité : certains communicateurs pratiquent honorablement leur métier, d’autres moins — à preuve, le Bixigate, ci-haut mentionné. Précisons que notre héros appartient à la première catégorie et c’est à lui que les spectateurs doivent s’identifier. C’est une bonne nouvelle, non? 🙂

    Bref, soyez assurée que votre profession est traitée avec respect… mais certes, nous ne nous en cachons pas, avec un certain regard critique.

    Si vous avez des questions, nous vous répondrons avec plaisir. Mais soyez conscients qu’il nous est impossible de divulguer le contenu des épisodes jusqu’à la diffusion.

  6. Michelle Sullivan

    2009.05.14 @ 17:22

    @Daniel Thibault – Merci pour ces précisions qui, j’en suis certaine, se veulent rassurantes. Je les accepte telles quelles avec plaisir, espérant seulement ne pas être déçue. Je ne crains pas le regard critique, mais plutôt la diffamation. J’ose espérer qu’on ne tombera pas dans la caricature aux dépens de la réputation de professionnels honnêtes que je connais bien et qui sont nombreux à exercer ce métier. Qu’on démontrera que ceux qui font fie du code de déontologie sont l’exception plutôt que la règle.

    Vous vous trompez en pensant que je serais mécontente d’apprendre que vous êtes abonnés au bulletin électronique du Centre for Media and Democracy. Bien au contraire. Comme eux, je prone la transparence en RP. Et, comme eux, je crois beaucoup à la vigilence … je demeurerai donc vigilente à l’égard de votre création se voulant vraisemblable et ose espérer que la SQPRP fera pareil. J’ai surtout bien hâte de voir comment seront dépeints vos personnages qui « pratiquent honorablement leur métier », en espérant que M. Motulsky sera en mesure de vous convaincre que les pratiques honorables peuvent également être d’intérêt pour les téléspectateurs. Que le personnage honorable soit effectivement le héros de votre télésérie.

    Et si vous me dites que c’est David La Haye qui joue votre grand méchant .. ben là .. vous allez me briser le coeur 😉

  7. Eve Binette

    2009.05.14 @ 18:35

    Bonjour, je suis heureuse d’avoir pu contribuer à ouvrir les vannes de vos impressions sur cette série qui fera sûrement quelques vagues dans le milieu des relations publiques.

    Je suis d’avis que la majorité d’entre-nous respectent un code de déontologie et faisons preuve d’une grande transparence et d’un respect de leurs publics, qu’ils soient externes ou internes.

    Je crois qu’il serait important pour la SQPRP de se garder à l’affût des événements dans le milieu télévisuel et sur internet, pour que l’image de notre profession soit rendue à sa juste valeur. Ainsi, nous pourrons démontrer que nous jouons un rôle important au sein des organisations et des entreprises, que ce soit pour les épauler lors de situations de crise ou tout simplement pour solidifier leur leadership ou pour, par exemple, augmenter le sentiment de fierté et d’appartenance des employés à une entreprise.

    Vigilence est de mise, mais gardons l’esprit ouvert.

    Eve Binette

  8. Sophie Labelle

    2009.05.16 @ 17:47

    Je suis bien curieuse moi aussi quant à cette nouvelle série Mirador qui mettra en scène des professionnels des relations publiques engagées pour effectuer de la gestion de crise. Merci à Daniel, un des coauteurs, de nous avoir donné davantage de détails quant à la recherche qui a été faite pour mettre en scène les différentes personnages. Bien sûr qu’il y aura de la dramatisation, mais j’espère que les gens ne prendront pas tout ce qu’ils verront pour « du cash »…

    Si on se fie à cet extrait de la chronique de Hugo Dumas concernant la série, les professionnels de RP seront dépeints comme de vrais requins :

    « Patrick Labbé campera Philippe Racine, chef de l’équipe de gestion de crise du cabinet Mirador. Évidemment, ce type de mercenaire de la communication vendrait sa mère pour que l’image de ses clients reste lisse et propre, à l’abri des tempêtes médiatiques. Une série réalisée par Louis Choquette où chacun des épisodes tournera autour d’un scandale à «contrôler». »

    Je suis aussi pour que la SQPRP surveille la série de près et prenne position s’il advient des dérapages à propos de la profession. Pas des dérapages dans la série (tout est quand même fictif), mais des allusions que pourraient faire certains journalistes, animateurs ou personnalités publiques en lien avec la série et le rôle « dans la vraie vie » des professionnels des RP. À suivre assurément.

  9. François Beaugard

    2009.05.20 @ 22:43

    Après avoir complété un bac en théâtre, puis en musique et finalement en relations publiques, je constate que les séries télévisées et les films qui touchent des domaines précis provoquent souvent les mêmes réactions. Comme musicien, je suis agacé de voir des comédiens ne sachant pas tenir leur instrument, mes amies infirmières me parlent des erreurs commises à l’écran et bientôt le milieu des relations publiques sera « dramatisé ». Toutefois, il ne faut pas oublier que nous avons affaire à une oeuvre de fiction, pas un documentaire. Comme le rappelle M. Thibeault, il faut rendre le tout intéressant.

    J’ai appris à laisser passer certaines inexactitudes si le scénario est bon et les comédiens sont convaincants. Je me fais cependant un plaisir de rappeler aux gens que je croise et qui me disent que tous les comédiens sont comme ceci ou tous les médecins sont comme cela parce que telle émission dramatique les dépeint comme tels, qu’ils doivent faire attention à ne pas confondre la fiction avec la réalité!

    Jadis, les comédiens qui « torturaient » Aurore, l’enfant martyre se faisaient apostropher sur la rue!
    J’espère qu’en 2009 la population saura faire la distinction entre fiction et réalité.

  10. Louise Desjardins

    2009.12.24 @ 11:56

    La série Mirador n’est pas encore diffusée qu’elle fait déjà les gorges chaudes ! Quand on parle de manipulation et de vérité, cela suscite toujours de l’intérêt car, effectivement, il peut y avoir des rebondissements qui nourrissent la trame dramatique. Ceci dit, on y parle des professionnels en relations publiques, de leurs principes et de leurs pratiques. Est-ce que la série nuira à l’image de la profession ? Est-ce que le public saura faire la part des choses ? Trop tôt pour le dire, n’ayant pas encore vu la télésérie. Cependant, une chose est certaine : les relations publiques et ce qu’on en dit, concernent la SQPRP et ses membres, non pas en tant qu’observateurs, stratèges ou analystes, mais en tant que parties prenantes.

    Dans ce sens, je trouve que la diffusion de la série Mirador est une belle occasion pour la SQPRP de démontrer concrètement comment s’articule dans la vraie vie son leitmotiv « Comprendre. Communiquer. Rapprocher. ». Je trouve aussi que c’est une belle occasion pour la SQPRP de comprendre, de communiquer et de rapprocher, non seulement dans l’univers traditionnel des communications – médiatiques ou autres -, mais aussi dans l’univers des médias sociaux où d’ailleurs des professionnels des RP, dont tu es l’une des pionnères, publient un blogue, partagent leurs trouvailles ou leurs opinions, que ce soit sur Twitter ou dans les réseaux sociaux.

    En s’impliquant, entre autres, dans les médias sociaux et en participant à la conversation autour de la télésérie Mirador, la SQPRP aura ainsi l’occasion de démontrer et d’expliquer son parti-pris pour l’éthique et la transparence, sans complaisance, tout en permettant à ses interlocuteurs de mieux comprendre comment la pratique des relations publiques peut être complexe, demander du doigté, de l’expérience et même du courage, dans des dilemnes ou des situations pas toujours faciles à gérer. Bien sûr que les avis pourront être différents, mais comme dit l’adage « c’est en parlant qu’on se comprend ! »

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