Michelle Sullivan Communications

Tiger bite : online privacy and the case of Marc L***

I’m sharing the content of an email I’ve forwarded to a client, with whom I’ve spoken about social media on several occasions. On one such occasion, the concerned father came to the surface, as he spoke about photos a family member had published on Facebook. Our conversation revolved around the Internet, privacy issues and new realities faced by the generation known as digital natives.

Hello L***

You may remember the conversation we had about your daughter, Facebook and privacy issues. If her French reading comprehension is good, you may want to have her check out the following blog post:

http://felixggenest.blogspot.com/2009/01/portrait-google-le-tigre-ne-connait-pas.html

which references the following article:

http://www.le-tigre.net/Marc-L.html

She can read the article first for better impact, then followup with the blog post for a bit more context.

Basically, this French publication chose someone completely randomly, then started to follow his Google trace. They created a portrait of him based on information he’d published himself in online communities like Facebook and Flickr.

The online article has been modified, encoding some of the more personal information. The original print version went out with everything laid out on the line: his name, the company he works for etc.

Particularly interesting is the inclusion, in the blog post I reference, of a letter written by the subject of the ‘study’. It shows his reaction. It shows how disconcerting he found it to be shown an article with his private life laid out for all to see and mentions that he’s been getting anonymous calls from someone trying to get access to his mailbox security code etc.

While I’m the first to warn against sensationalist media that tries to paint a portrait of the Internet as a « dangerous » place, this does serve as a good reminder of the context in which we agree to evolve when we go online. This article does a compelling job of driving the point home.

As you said during our conversation, the traces left by your children now could (potentially) be referenced by their employers (or enemies, or future fathers-in-law) down the line.

And even if we’ve gotten to the point where Obama can admit to having done cocaine and still be elected President, anyone interested in political office would do particularly well to take all of this into consideration.

Hope this doesn’t give you too many nightmares.

Reflet d’une nouvelle réalité : le journalisme en mutation

Un billet d’Aurélie Alaume m’inspire à sortir de ma torpeur du temps des fêtes afin de publier ce premier billet de 2009. 

Cette semaine, j’ai découpé un article intéressant publié par l’équipe du Journal Le Reflet, un hebdo montérégien. À la page! commente les changements qui paraissent dans la même édition: nouveau format (de 17 à 15 pouces) qui, selon leurs dires, permet au journal de prendre un virage vert (économie de papier, accès à des presses ‘ultramodernes’ qui consomment moins d’énergie).

Faisons abstraction du ‘virage vert’ qui, entre vous et moi, me fait sourire à savoir que les journalistes sont aussi habiles pour positionner les choses que le relationniste le plus chevronné. Dites-nous que ça se fait pour des raisons économiques. Nous la vivons, nous aussi, cette crise économique. Nous aurions compris. Bref, nous comprenons.

Plus important encore, ils profitent de l’occasion pour lancer une nouvelle politique éditoriale. Le journal adapte son contenu afin de répondre:

(…) aux habitudes des lecteurs, qui ont évolué depuis l’explosion d’Internet.

Selon leur analyse, les lecteurs veulent être mieux informés, mais rapidement. Comme quoi l’école Journal Metro, où tout se lit dans l’autobus en traversant le pont Jacques Cartier, a fait du chemin.

Le journal propose donc publier plus de matière de façon plus concise. Ces textes seront accompagnés de:

« tableaux, graphiques et autres éléments visuels pour faciliter leur compréhension »

Je me permets de faire un petit recul dans le temps pour vous raconter une anecdote que vous avez peut-être déjà entendu. Il y a plus de dix ans, j’enseignais l’histoire dans une école privée montréalaise. Je voulais parler du métier de l’historien et, pour le faire, j’ai décidé de demander aux petites de préparer un travail sur l’histoire de leur nouvelle école (elles étaient en Sec I et nous étions le mois de septembre).

Quand est venu le temps de traiter de recherche, je leur ai posé la question à savoir où, au juste, elles trouveraient l’information souhaitée : la fondation de l’école, les premières années etc.

Sans hésiter, elles ont répondu : Sur Internet, Madame.

Vlan! Moi, qui m’attendais à ce qu’on me réponde ‘aux archives’ ou, au pire, ‘à la bibliothèque, moi qui n’est pas de leur génération, je suis restée bouche bée pendant quelques secondes, au moins.  J’ai tout de suite compris que nous étions en plein virage social. Si j’avais à choisir un moment représentant le début de mon engouement pour ce qui allait venir plus tard — les médias sociaux et la démocratisation des blogues — ça serait ce moment là. Fast-forward en 2009.  Ces même « petites » ont maintenant 23 ou 24 ans. Certaines grimpent l’échelle corporative. Certaines sont épouses. Quelques unes sont mères de famille. Elles sont toutes sur Facebook et, j’imagine, bon nombre d’entre elles bloguent. C’est normal pour elles de pouvoir s’exprimer sur Internet. Comme respirer ou manger.

Comme l’Oncle Georges du billet d’Aurélie, elles partagent leur savoir, leurs interrogations et leurs opinions. Elles ne font pas de journalisme. Et celles qui, un jour, suivront le modèle du Huffington Post ou TechCrunch dans le but d’offrir une plateforme dite journalistique, le feront en se collant aux règles de déontologie du métier. Il s’agit d’une question de crédibilité. Si jamais elle s’y éloignaient, les lecteurs seraient les premiers à le dénoncer. Car un blogue, contrairement à un journal (traditionnel, on se comprend) se commente facilement. Il n’y a pas de choix éditorial fait par celui qui reçoit et publie le courrier des lecteurs.

Dans sa chronique, Christian Roux du Devoir décrit la situation actuelle de façon … ose-je le dire … presque hystérique, écrivant:

(…) si le zappage numérique devait remplacer la lecture du journal et à plus forte raison du livre, cela se ferait au prix d’une grave régression intellectuelle dont nous commençons à sentir certains effets.

Il me semble que c’est évident que la perte de toute source d’information appauvrit la société. Mais si on commençait à positionner les blogues comme bonifiant au lieu de menaçant la presse et la littérature?

Les enseignants savent que les étudiants qui on devait pousser dans le dos, autrefois, pour rédiger le moindre texte adorent bloguer et produire des vidéos pour YouTube. Ne parlons même pas d’outils de recherche qui, à notre époque, se limitaient à la bibliothèque locale souvent mal approvisonnée.

Et qui dit que cette nouvelle réalité ne nous poussera pas, nous, messieurs et mesdames tout le monde, à devenir plus critiques envers nos sources d’information? Qui dit que nous ne serons pas mieux informés, les sources d’information nous provenant de partout? Car, peut-être au grand regret de M. Roux, je ne lis plus _seulement_ Le Devoir, mais également le Jerusalem Post et le Palestine Times pour suivre ce qu’il se passe à Gaza.

N’oublions pas, non plus, que rien ne m’empêche de publier et de vendre, demain si je le veux, un journal imprimé sur papier. Il n’y a pas d’ordre du journalisme. Si Falun Gong peut le faire, je peux le faire, moi aussi. La différence est le moyen dont je dispose pour y arriver, car comme la majorité de la population, je n’ai pas facilement accès à ces fameuses presses ‘ultramodernes’.

Mais j’ai accès au blogue. Vive la démocratisation de la transmission du savoir et des opinions.

Car voilà la vraie révolution, M. Roux. Pas au niveau du contenu mais dans l’accès aux outils de transmission .. de nouvelles, d’opinions, de faits. Dans les nouvelles options de partage qui s’offrent dès lors au commun des mortels.

Je suis attristée de constater que les hebdos comme Le Reflet se voient dans l’obligation d’offrir des capsules plutôt que des articles de fond, car, pour moi, la valeur du journalisme traditionnel repose dans sa capacité d’offrir une vue d’ensemble et une analyse approfondie d’une nouvelle. Les journalistes ont définitivement un rôle très important à jouer dans notre société et, que nous soyons friands des médias sociaux ou non, nous devons tout faire pour protéger le 4e pouvoir, qui représente la liberté de notre société.

Il est certainement vrai que les médias devront s’adapter aux nouvelles réalités. Je mettrais ma main dans le feu qu’à l’époque où s’allumaient les télés, un débat semblable règnait. C’est un question de pouvoir et de contrôle – difficile de lâcher prise. Malgré le fait que certains se plaignent, l’impact se voit déjà. Au delà de la décision stratégique de journaux comme Le Reflet, nous savons que The Gazette demande de plus en plus de polyvalence de la part de ses journalistes, qui se déplacent plus seulement avec leur carnet de notes mais également munis d’une caméra vidéo. Le rapprochement signalé par l’intégration de l’équipe de Cyberpresse à l’étage où se trouvent les journalistes de La Presse est le reflet d’un constat général, comme quoi les liens entre le Web et l’imprimé doivent davantage se tisser.

Les journalistes les plus futés sauront s’adapter et briller autant qu’avant.

Si vous ne connaissez pas Aurélie Alaume, je vous invite à suivre son blogue. Aurélie et Sophie Labelle sont des étoiles montantes dans l’univers des blogueurs francophones en RP.

Comme c’est le cas du billet d’Aurélie, mon premier billet de 2009 est très long. Merci à ceux et celles qui ont eu le courage de me lire jusqu’à la fin. Je vous en remercie profondément. Nouvelle tendance, ces billets interminables? On verra. C’est certain que je veux prendre davantage le temps de réfléchir cette année, et de partager avec vous les fruits de cette réflexion.